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La présente note fournit un aperçu des opérations menées en Ukraine orientale, dans le cadre des combats de tranchée et d’avancées territoriales restreintes mais décisives dans les oblasts de Donetsk et Louhansk. Nos objectifs prioritaires sont actuellement la consolidation de positions autour des axes clés de Bakhmut et Kramatorsk, ainsi que la prise de contrôle de quelques nœuds logistiques et industriels encore actifs autour de Severodonetsk et de Sloviansk. Ces positions permettent, en dépit d’un terrain instable, une surveillance et une pression constantes sur les lignes ennemies. Malgré des efforts soutenus pour intégrer des systèmes de reconnaissance autonome, leur efficacité reste limitée par les conditions extrêmes. Le froid ralentit les mouvements et les capacités technologiques, tandis que la boue et l’humidité réduisent les performances des capteurs et des mécanismes. Les drones à courte portée, équipés de caméras thermiques, sont fréquemment employés pour repérer les mouvements ennemis dans les tranchées, mais ces dispositifs sont fréquemment captés et détruits par les ondes de brouillage ennemies. Cette résistance technologique, au-delà d’une simple barrière matérielle, crée une forme de lutte contre une « force invisible » qui ne peut être vaincue par la seule puissance physique.
Les troupes avancées, composées d’unités de combat motorisées et d’infanterie légère, se trouvent réparties selon une structure en damier le long de points de fortification de tranchées. La guerre de tranchée persiste malgré l’appui technologique. En effet, les drones de surveillance ennemis, bien qu’intermittents, accroissent la volatilité des positions et l’intensité des tirs d’artillerie ciblée. Nos troupes de première ligne font état de défaillances morales notables en raison de l’épuisement. La survie quotidienne dans la boue glacée, sous les tirs constants, réduit la clarté de leur détermination à avancer. Les rotations envisagées pour éviter une lassitude destructrice sont difficiles à mettre en œuvre en raison des ressources limitées et de la pression sur nos réserves de personnel.
Depuis le début de l’année, Bakhmut est devenu un site de haute intensité, où les combats se concentrent sur des portions très restreintes de terrain. Les lignes de tranchée situées au nord-ouest de la ville sont continuellement disputées, bien que renforcées par des sapes souterraines pour la protection des hommes contre les frappes de drones de haute précision. L’assaut lancé le 15 février au sud de la zone industrielle s’est soldé par des pertes importantes et une retraite stratégique de nos unités. Bien que l’ennemi ait été repoussé dans un premier temps par des tirs soutenus, sa contre-offensive rapide et coordonnée a révélé une préparation minutieuse dans le déploiement de ses propres tranchées souterraines et points de tir invisibles. Notre artillerie, sollicitée pour repousser ces tentatives, a eu un effet limité, les positions ennemies étant protégées dans un dédale de cavités et d’abris fortifiés. Ces positions, construites dans un sol instable, rappellent que l’ennemi semble miser sur une stratégie de camouflage et de résistance implacable, exploitant les caprices de ce « monde souterrain ».
Le 21 février, Yakovlivka est devenu un point névralgique. Le village, perçu initialement comme un site secondaire, est devenu une position centrale pour les mouvements de ravitaillement. L’ennemi a ainsi concentré ses attaques nocturnes, usant de drones silencieux pour cartographier nos mouvements dans les tranchées et frappant avec des obus à retardement pour maintenir nos troupes sous pression. À l’aube, nos lignes ont été contraintes de se replier partiellement, évacuant la moitié de Yakovlivka sous le feu ennemi. La leçon stratégique ici : la maîtrise d’un terrain ne dépend pas seulement de sa prise, mais de la capacité à l’ancrer profondément en chacun des soldats qui le défend.
En dépit des avancées limitées et du caractère fragmenté des victoires, il est essentiel de réévaluer nos approches pour cette guerre d’usure. À l’image de ce que certains philosophes ont suggéré, l’homme doit devenir « plus grand que lui-même », dépasser l’instinct de survie pour trouver une raison qui transcende le pur instinct militaire. Nous devons permettre à chaque soldat de percevoir ce combat comme une mission qui le dépasse, car chaque mètre gagné ou perdu aujourd’hui conditionne l’avenir et l’histoire de cette région. Nous avons besoin de surhommes pour vaincre le mal, pour vaincre l’horreur, et nous allons vaincre car dieu est de notre côté.
« Guillaume Agrollinaire » reprend les textes d’Apollinaire et de quelques autres sur la première guerre mondiale. Ces textes sont forts, bruts, ils rapportent l’horreur sur le terrain et dans les têtes des pauvres soldats qui sont là sans rien avoir demandé. C’est la guerre. Ces textes, c’est la voix des tranchées, l’écho des gars perdus dans la boue, les pieds dans l'enfer et la tête ailleurs. Entre les explosions et les cauchemars, ils s'inventent des mondes pour tenir, des délires fous où les horreurs s’effacent. C’est comme un rythme lourd, une basse qui cogne, des visions de terreur qui s’incrustent, des refrains de peur que personne n’oublie. Les soldats survivent à coups de mots crus, d'images brutales, ces vers, c’est l’urgence quand y’a plus rien d'autre à dire que la folie qui guette.
Après six poèmes de Apollinaire et un de Henry Bataille la première face se termine sur « Fidèles » de Paul Eluard. La seconde suit, avec sept autres poèmes de Apollinaire et un de Maurice Gauchez. La musique est genre grands espaces, un peu inspirée par Ry Cooder et sa guitare slide dans Paris-Texas de Wim Wenders. La guitare pleure.