Gros Bonnets, Grosses Légumes
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  • 0 - Pom Pom Pom
  • 1 - Les Bahamas
  • 2 - Ecoutez Moi Je Suis Poête
  • 3 - Confidenses Pour Confidenses
  • 4 - Pas plus haut que Trois Pommes
  • 5 - N'importe Quoi ... n'importe Qui
  • 6 - Ton Jardin Zen
  • 7 - Je ne sais pas qui tu es
  • 8 - Quand les temps deviennent Difficiles
  • 9 - Ma Petite Amie
  • 10 - Les Herbes Folles
  • 11 - Même Si
  • 12 - Les rebels du Samedi soir
  • 13 - Trop Pas


song Pom Pom Pom
song Les Bahamas
song Ecoutez Moi Je Suis Poête
song Confidenses Pour Confidenses
song Pas plus haut que Trois Pommes
song N'importe Quoi ... n'importe Qui
song Ton Jardin Zen
song Je ne sais pas qui tu es
song Quand les temps deviennent Difficiles
song Ma Petite Amie
song Les Herbes Folles
song Même Si
song Les rebels du Samedi soir
song Trop Pas
album

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Les histoires de famille ne sont jamais simples : parfois on se déchire, parfois on s’ignore, d’autres fois on fait avec. Il y a souvent des histoires non dites, des jalousies cachées, de la douleur, du manque, mais il arrive qu’il y ait aussi de l’amour, de l’amour inconditionnel, de l’amour vache, de l’amour de trop ou de pas assez. Ces histoires se tissent dans une toile serrée de relations où s'entremêlent les fils ténus de l'amour et de l'animosité, de la connivence et de l'ignorance. Elles ne sont jamais linéaires : parfois, elles éclatent en disputes houleuses, parfois elles se figent dans un silence lourd de non-dits, d'autres fois encore, elles naviguent maladroitement entre l'acceptation résignée et l'attachement imprévisible. Il y a plein de (dys)fonctionnements de familles, et parmi les familles que je connais, ma famille dysfonctionnelle préférée est la famille Glass.

Connaissez-vous la famille Glass ? connaissez-vous Franny ? la petite sœur, passionnée de littérature, de philosophie et de spiritualité ? Franny est une âme en guerre contre la banalité de l'existence quotidienne. Elle aimerait que les choses soient plus grandes, moins ternes, moins superficielles. Elle aimerait que les gens soient plus profonds, moins conformistes. Elle est en quête de sens, de vérité. Pour faire face à ses interrogations existentielles Franny a tendance à sombrer dans des périodes de désespoir et d’angoisse, c’est sa façon à elle de transcender les petitesses et les médiocrités ordinaires.

Connaissez-vous Zooey ? Zooey est le frère ainé de Franny. Il est vif d’esprit, très sarcastique, et affiche un scepticisme souvent silencieux face aux valeurs et aux conventions de notre société. Zooey porte un peu son intelligence et sa conscience comme des fardeaux. Il est en quête d’authenticité, il recherche le réel, le vrai et il a du mal à supporter les imperfections du monde, et son amour pour Franny, bien qu'empreint de compassion, est teinté de cette même tension entre désillusion et tendresse. Zooey et Franny s’aiment et échanges souvent avec compassion et sincérité.

Connaissez-vous Seymour ? C’est le frère ainé, un esprit tourmenté rongé par des blessures intérieures, un personnage déchirant et tragique. Seymour c’est le frère disparu, et son image plane sur la famille comme une figure tutélaire et spectrale. Seymour est très sensible, brillant et énigmatique. Il est hanté par l’expérience traumatisant qu’il a vécu lors de la seconde guerre mondiale. Seymour s’est suicidé. Il a laissé derrière lui un vide béant et une ombre indélébile qui imprègne chaque relation au sein de la famille. Son absence est une présence constante, son silence un cri qui résonne dans les lettres qu’il a écrite et que Franny et Zooey portent toujours avec eux.

Et puis il y a Buddy, le conteur invisible. Buddy est écrivain, et c’est grâce à lui que j’ai connu Franny, Zooey et Seymour. C’est le témoin, c’est lui qui décrit les relations au sein de la fratrie tourmentée que forment les Glass. C’est à travers ses mots que la mélancolie palpable de cette famille nous atteint, que la nostalgie des instants fugaces de bonheur partagé se mêle à la tristesse omniprésente. C’est lui qu’on connait le moins, mais c’est grâce à lui que je les ressens. C’est grâce à lui que je vois l’ombre qui plane sur leurs existences. J’aime les Glass. Ils forment une famille intellectuelle, spirituelle et artistique, sans cesse tourmentée par des questions existentielles, par la tension entre l’élévation et la chute, entre la lumière et l’ombre. À chaque visite dans l’univers la famille Glass, à chaque nouvelle rencontre avec leurs doutes et leurs douleurs, je ressens cette pesanteur indéfinissable et j’ai le « Cœur gros ».


« Cœur gros » est le dernier album de la période sans album. C’est-à-dire que l’album regroupe des chansons qui ont été composées au fil de l’eau, sans intention globale et sans vision consistante. Toutefois, comme pour les albums qui précèdent, les chansons ont été ici choisies de façon à être, disons homogènes et cohérentes en termes de sonorité et ordonnées de manière à s’enchainer et à être assorties. Ces chansons ont été enregistrées à peu près à la même époque, mais sur plusieurs années tout de même. Ma capacité de production à l’époque était moins élevée qu’aujourd’hui, essentiellement pour des raisons de moyens techniques, mais aussi un peu à cause de ma disponibilité. Il s’agit d’un album plus orienté « chanson » au sens franchouillard » du terme. La face A termine sur « Ton Jardin Zen ».

C’est l’été, le soir, sur la plage, avec le soleil qui disparait lentement à l’horizon. On s’est baignés, on a joué au ballon, au volley ou à la passe à dix. Il fait encore chaud, les filles sont belles, presque toutes, les garçons sont minces car ils sont encore jeunes, dans quelques années ce ne sera pas la même limonade. On rit, on prépare la soirée : cette nuit, on va la passer là, à chanter, à boire, à fumer des pétards, à écouter la mer qui clapote, à aller se baigner sous la lune. C’est le bonheur, on vit une jeunesse dorée. Enfin, on vit presque tous une jeunesse dorée.