Gros Bonnets, Grosses Légumes
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  • 0 - Je suis un chien
  • 1 - Nos p'tites légendes
  • 2 - Ca n'est pas vraiment clair
  • 3 - (Je débranche) ma prise de conscience
  • 4 - Mes Solutions
  • 5 - Ton heure de gloire
  • 6 - Je n'sais pas trop (quoi faire)
  • 7 - La crinière au vent
  • 8 - Mon voisin de palier
  • 9 - C'est facile (pour personne)
  • 10 - Les choses auxquelles je pense
  • 11 - El Señor


song Je suis un chien
song Nos p'tites légendes
song Ca n'est pas vraiment clair
song (Je débranche) ma prise de conscience
song Mes Solutions
song Ton heure de gloire
song Je n'sais pas trop (quoi faire)
song La crinière au vent
song Mon voisin de palier
song C'est facile (pour personne)
song Les choses auxquelles je pense
song El Señor
album

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Depuis la révolution industrielle et la migration massive vers les villes, l'homme, éloigné des grands espaces, de la terre et de l'air pur, est devenu une entité démultipliée dans un monde saturé d’acier, de béton et de bruits assourdissants. Les cités sont devenues des incubateurs d'angoisse, d'isolement, de stress. Une sorte de nostalgie de la vie rurale s'est alors développée. Au fil des décennies, plusieurs vagues de « retours à la terre » ont émergé, portées par des idéaux de rédemption et de rupture avec un monde que l’on considérait comme dévoyé ou corrompu. Ce retour n’a pourtant jamais été simple et linéaire.

Une première génération de jeunes idéalistes, emportée par les idéaux de la contre-culture des années 1960-1970, a choisi de s'exiler dans la campagne pour y cultiver l’illusion d’un monde plus pur, loin des turbulences urbaines. Ces pionniers ont cru trouver une forme de salut dans la nature, perçue comme un havre de liberté. Cependant, ils ont rapidement été confrontés à la dure réalité de la terre : elle n'est ni douce, ni bienveillante, elle réclame des efforts inlassables, des sacrifices. Le mythe du retour à la campagne s’est fissuré, et nombreux furent ceux qui, après quelques années, abandonnèrent leurs rêves de terre promise pour regagner la civilisation urbaine.
Un peu plus tard, une nouvelle génération a pris le relais. Abordant ce même rêve sous un angle plus pragmatique, ils ont cherché à vivre de cette terre, à la dompter non pas par idéalisme, mais par calcul économique. Devenir agriculteur n’était plus une question de spiritualité ou de révolte sociale, mais un choix d’entrepreneur, un jeu de gestion où les investissements et les marges de profit étaient au cœur des préoccupations. Là encore, la réalité s’est imposée. Les dettes, les conditions climatiques capricieuses, la pression des marchés ont mis à mal les aspirations de cette génération qui, malgré son pragmatisme, n’a pas échappé à l’impitoyable mécanique du monde moderne. Très peu sont ceux qui ont persévéré, et encore moins ceux qui ont pu y trouver une véritable réussite.

Puis, dans une troisième phase, l'idéologie du retour à la terre a pris un tournant plus idéalisé, voire abstrait. Ces nouveaux « bien-pensants », de plus en plus nombreux, semblent penser que l’action écologique peut se limiter à un geste symbolique, à une posture. Ils revendiquent la pureté de la nature, la simplicité d’une vie éthiquement « correcte », tout en restant en marge du véritable engagement agricole ou écologique. Ces citoyens, souvent issus des classes moyennes urbaines, se voient en « sauveurs » de la planète. Ils s'improvisent écologistes, plantent des légumes sur leurs balcons ou dans de petits jardins, convaincus qu’ils participent ainsi à la rédemption du monde. Mais ces benêts, n’assument pas la responsabilité des vrais défis, la terre ne se résume pas à un « jardinage » anecdotique. C’est un combat quotidien, un travail sans fin, un sacrifice. Le véritable retour à la nature exige de l'engagement, de la sueur, de la douleur.

Réveillons-nous ! Le monde ne changera pas avec de la poudre de perlimpinpin, il se transformera par le travail acharné, par le sacrifice. Le véritable changement n'est pas dans la futilité et l'imaginaire. Il est dans le concret, dans la sueur, dans l’effort. Vous pouvez bien continuer à vous enfuir dans vos illusions vertes et pseudo-éthiques, car vous ignorez tout de la dureté de la terre, des exigences de la vie agricole, vous ignorez que la vie au grand air ce n’est pas vivre au milieu des fleurs et des chèvres enjouées, c’est aussi les pieds dans la merde, les doigts gelés, les moustiques ou les puces, les traites le matin et le soir, la grêle ou la sécheresse.

A ce qui se sont accrochés je transmets tout mon respect : on ne s’improvise pas gardien de la terre, le monde a besoin d'actions concrètes, de véritables engagements, et non de faux semblants et d'illusion, il est nécessaire de se retrousser les manches, le monde a besoin de grosses légumes et pas de gros bonnets !


Quand on parle de « gros bonnets », mes premières pensées vont à « grand bonnet » un jeune garçon sans doute légèrement plus âgé que moi, qui terrorisait la cour de récréation de l’école maternelle de Megève en dominant l’ensemble des autres enfants de la hauteur de son grand bonnet. Je ne sais pas si « grand bonnet » est devenu un « gros bonnet », probablement pas.

Cet album a une vocation plutôt campagnarde (au sens country des américains). Il regroupe des chansons concernées par les renoncements, les illusions, les histoires que l’on se raconte afin de rendre nos vies plus acceptables et nos choix plus justifiables au regard de nos convictions faméliques et silencieuses. Comme souvent, la première face est centrée sur cette thématique elle débute sur « je suis un chien » très country justement et se clos sur une dernière chanson « ton heure de gloire » plutôt émotionnelle, la seconde est plus disparate, plus éparpillée en termes de thématique, mais plus recentrée en termes de genre musical : elle tourne principalement autour du delta du Mississipi entre la nouvelle orléans et Memphis. Elle se termine sur « El Señor » qui revient à la thématique principale.