Gros Bonnets, Grosses Légumes
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  • 0 - La Tête dans les Etoiles
  • 1 - Les Badmen
  • 2 - Une idée dans la tête
  • 3 - Dans ma cage
  • 4 - Mes 33
  • 5 - Tous Les Chats Sont Gris
  • 6 - Le Bon Wagon
  • 7 - Changer
  • 8 - Dormir Dehors
  • 9 - N'compte pas sur moi
  • 10 - Sans Etat d'Ame


song La Tête dans les Etoiles
song Les Badmen
song Une idée dans la tête
song Dans ma cage
song Mes 33
song Tous Les Chats Sont Gris
song Le Bon Wagon
song Changer
song Dormir Dehors
song N'compte pas sur moi
song Sans Etat d'Ame
album

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Dans une industrie musicale de plus en plus dominée par la logique commerciale, par la logique du morceau qui hit, du single a consommation instantanée, la notion d’album a quasi disparue. C’est un truc de vieux. Pourtant, le concept d’album représente une manière de résister à l'approche purement mercantile, il permet au musicien de présenter un cadre plus large qu’un single, et à l’auditeur de prendre le temps de s’engager dans une œuvre complète, parfois exigeante ou disruptive et potentiellement intellectuellement stimulante.

Les albums en général, et les premiers albums en particulier, jouent un rôle crucial dans l’histoire du rock, à la fois pour les artistes et pour le genre lui-même. Ces premiers albums représentent souvent le moment où un groupe ou un artiste définit son identité musicale, établit sa signature sonore. Ils cristallisent souvent l'énergie brute et l'authenticité en une tentative, parfois désespérée, parfois sublime, de se défaire des attentes externes et de libérer une forme d’expression artistique brute, immédiate. Les premiers albums ne sont pas simplement des introductions à un répertoire, mais des objets dans lesquels s’orchestre une prise de position. À travers les notes, les rythmes, les paroles, le groupe ou l’artiste façonne une identité qui ne se contente pas de se définir par ce qu'il joue, mais aussi par ce qu'il refuse de jouer, par ce qu’il choisit de laisser de côté. Chaque morceau devient ainsi un acte de résistance contre l'ordre établi, une construction minutieuse qui parvient à donner voix à l'invisible, à l'implicite. En cela, un premier album représente souvent l'instant où la quête sonore rejoint une quête identitaire. Mais au-delà de la signature sonore, ces premiers albums jouent aussi le rôle de catalyseurs, et plus encore, d’éclaireurs, pionniers d’un territoire musical encore inexploré. Ils ouvrent des espaces de liberté, des créneaux où le genre musical se libère des carcans et où les possibilités sont infinies.

Les grands albums, « Marquee Moon », « Revolver », « The Dark Side » ou « Berlin » sont des albums plus que des collections de chansons et « Ziggy Stardust », « Sergent Pepper » ou « The Wall » marquent eux l’entrée dans le domaine du « concept album ». L’essor des concepts albums dans le rock est lié à plusieurs facteurs culturels et sociaux. Les bouleversements des années 1960, marqués par des mouvements contre-culturels, des luttes pour les droits civiques, des revendications de liberté et d’individualisme, ont transformé la société occidentale et la manière dont la jeunesse percevait l’art et la musique. Ces albums, aux structures complexes et aux narrations symboliques ou littéraires, s'adressent à une audience plus mature, désireuse d’explorer les dimensions plus profondes de la musique. Ils représentent un passage du rock, de l’état de simple divertissement à une forme d’art à part entière.

Ce foisonnement créatif où la musique devenait une forme d’art total, interrogeant les fondements mêmes de la société et de l’existence — semble aujourd’hui avoir atteint un point de stase. La société contemporaine, marquée par une accélération constante des flux d’information et une domination de la consommation instantanée et de masse, n’offre plus le même terreau fertile pour ces explorations artistiques. Les albums conceptuels sont devenus une rareté, et la musique de manière générale a été largement ramenée à son statut de produit commercial, une marchandise rapidement consommée, digérée et oubliée.

De nos jours, les auditeurs sont souvent plus intéressés par des singles, des morceaux qui peuvent être facilement intégrés dans la sphère de la consommation rapide, que par des albums entiers qui demandent une écoute attentive, une réflexion soutenue. La profondeur thématique, la recherche sonore, la construction narrative complexe semblent appartenir à un passé révolu, une époque où la musique était encore un terrain d’expérimentation radicale, un vecteur de transformation sociale et culturelle. Tout cela est mort dorénavant : la notion d’album est devenue un gros mot !


« Les Gros Mots » n’est pas du tout un premier album, mais c’est est le premier album complet que j’ai composé comme tel. . Les albums précédents sont des collections de chansons sorties au fil des mois. Cet album n’est pas, comme les suivants, un « concept album » : il n’a pas de cohésion thématique, narrative ou sonore et ne s'inscrit pas dans une logique où chaque morceau participe à une vision d'ensemble. Ce travail commencera avec le prochain et deviendra de plus en plus amusant pour moi, en me permettant de me donner des challenges et des ambitions quasi-littéraires ou cinématographiques (en restant humble). Mais l’album a, à minima, la cohérence temporelle, puisqu’il a été composé et interprété en 2015 sur la base d’une nouvelle méthodologie de travail. En effet, suite à un « side project », je me suis de plus en plus intéressé à l’utilisation directe de samples et de loops, et ces éléments sont venus peu à peu remplacer les séquences midi que j’utilisais auparavant pour la basse, la batterie, les claviers etc… afin d’enrichir et compléter l’espace sonore. C’est le début d’un nouveau truc pour moi, un truc ce situant à mi-chemin entre la composition et la production (au sens des producteurs Rock comme Bob Ezrin, George Martin, John Leckie, Alan Parsons etc…), nous y reviendrons dans « Mes 33 ». De la même façon, c’est au moment de la composition de l’album que j’ai également conçu la pochette, sur le plan conceptuel et graphique, et comme je suis un voleur (au sens de Georges Darien), je reprends, je remâche. L’idée de l’album est un peu de parler de la nuit, des « boites de nuit » et de la vie la nuit, de la drogue et de la musique , mais il ne s’agit pas vraiment d’un concept global, et ça va quand même un peu dans tous les sens.

Comme tout bon album qui se respecte (les jeunes générations ne peuvent pas comprendre) l’album a deux faces : une première face avec un morceau d’introduction pour planter le décors qui se temine par « tous les chats sont gris » et une seconde face qui se termine par une réponse à la première chanson : « sans états d’âmes ».