Gros Bonnets, Grosses Légumes
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  • 0 - Les Stups et les Feds
  • 1 - De quel coté serait-il ?
  • 2 - Comme dans les films
  • 3 - Le copain du héros
  • 4 - Dans la vie c'est comme ça
  • 5 - Ce monde est le tien
  • 6 - C'est idem
  • 7 - A tombeaux ouverts
  • 8 - Mes biques et mes bourins
  • 9 - Dot com
  • 10 - Les Machines d'états
  • 11 - C'est nada
  • 12 - La chanson eponyme
  • 13 - La famille c'est capital


song Les Stups et les Feds
song De quel coté serait-il ?
song Comme dans les films
song Le copain du héros
song Dans la vie c'est comme ça
song Ce monde est le tien
song C'est idem
song A tombeaux ouverts
song Mes biques et mes bourins
song Dot com
song Les Machines d'états
song C'est nada
song La chanson eponyme
song La famille c'est capital
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La culture des fleurs au Kenya pour approvisionner les marchés européens, en particulier celui d’Amsterdam, repose sur une série de facteurs économiques, géographiques, et logistiques bien orchestrés. Le Kenya est aujourd’hui le troisième producteur mondial de fleurs, avec une exportation majoritairement destinée aux marchés européens. Cette chaîne de production et de distribution, bien que complexe, permet de fournir des fleurs fraîches à des prix compétitifs à travers le monde.

Au Kenya, la majorité des fleurs sont cultivées sous serres afin de contrôler l’humidité et la température et ainsi, d’optimiser leur croissance. Cela réduit les risques liés aux maladies et aux ravageurs. Ces serres sont principalement gérées par des entreprises internationales ou des entreprises floricoles locales ayant des liens avec des sociétés européennes. Le secteur est financé par des investissements étrangers importants, qui apportent les capitaux et la technologie nécessaires au développement des serres et des infrastructures d’exportation.

Le Kenya offre des conditions naturelles parfaites pour la culture de fleurs et notamment des roses. Il dispose d’un climat favorable situé autour du lac Naivasha et les hauts plateaux bénéficient d’un climat tempéré avec des températures constantes et modérées toute l’année, ce qui est idéal pour les cultures florales. Le soleil abondant permet aux fleurs de pousser plus rapidement et d’obtenir des couleurs vives. Bien que le Kenya soit sujet à la sécheresse, le lac Naivasha fournit une source d’eau cruciale pour irriguer les serres. Cette utilisation de l’eau exerce une pression importante sur les ressources locales.

L’industrie floricole kenyane contribue fortement à l’économie locale en générant des emplois et des revenus d’exportation. Plus de 500 000 personnes travaillent dans le secteur de la floriculture au Kenya, notamment des ouvriers agricoles, des techniciens en serre, et des employés dans les centres de conditionnement et d’emballage. Le coût de la main-d’œuvre est moins élevé au Kenya qu’en Europe, ce qui permet de produire des fleurs de qualité à des prix compétitifs. La combinaison de ce coût de production réduit avec des infrastructures de production optimisées rend cette production économiquement viable. Le secteur floricole au Kenya est soumis à certaines réglementations environnementales et sanitaires, mais leur application varie. Des organisations locales et internationales tentent de surveiller l’utilisation de produits chimiques avec un succès réduit.

Afin de garantir la qualité des récoltes, des insecticides sont pulvérisés dans les serres sous forme de fumée ou de brouillard, permettant de traiter de vastes surfaces plus rapidement. Ces méthodes sont efficaces mais augmentent le risque d’exposition pour les travailleurs qui ne portent pas de protection adéquate. Les ouvriers exposés de manière répétée aux insecticides peuvent développer des troubles de la peau, des voies respiratoires, et des problèmes neurologiques. Certains produits chimiques peuvent aussi être cancérigènes ou perturber le système endocrinien. Les insecticides utilisés dans les serres peuvent se retrouver dans les eaux souterraines et de surface, notamment autour du lac Naivasha, une source d'eau essentielle pour les communautés locales. Le ruissellement des produits chimiques peut contaminer cette ressource en eau et affecter la faune aquatique, les populations locales, et les écosystèmes environnants. Les insecticides peuvent aussi être transportés par le vent et atteindre des zones habitées ou des champs avoisinants. Les résidus chimiques peuvent s’accumuler sur les cultures vivrières locales et poser des risques pour la santé des populations qui consomment ces aliments.

Les serres sont implantées non loin des aéroports, comme celui de Nairobi, pour garantir un acheminement rapide. Cette proximité réduit la durée de stockage et permet de minimiser le nombre de jours entre la récolte et la mise en vente. Après la récolte, les fleurs sont immédiatement triées, emballées, et placées dans des chambres froides pour préserver leur fraîcheur. Des avions-cargos les transportent ensuite directement de Nairobi vers Amsterdam, en moins de 24 heures après la récolte. Ces vols sont spécialement affrétés pour le transport de fleurs, avec une logistique adaptée à la fragilité et la durée de vie limitée des produits. À leur arrivée à Amsterdam, les fleurs sont acheminées vers la Bourse d’Aalsmeer, la plus grande plateforme de vente aux enchères de fleurs au monde, où elles sont vendues aux acheteurs internationaux. Ce système de marché aux enchères permet une répartition rapide vers les différents marchés européens et mondiaux, et assure que les fleurs passent le moins de temps possible hors de réfrigération. Une fois vendues aux enchères, les fleurs sont rapidement expédiées vers leurs destinations finales. Amsterdam, avec son accès à un vaste réseau de transport terrestre, aérien, et maritime, permet une distribution rapide et mondiale. Cette centralisation à Amsterdam réduit les coûts logistiques pour les entreprises internationales, qui peuvent ainsi bénéficier de prix de gros et d’un réseau de distribution rationalisé.

Produire des fleurs en Europe serait bien plus coûteux, en raison des coûts énergétiques pour chauffer les serres en hiver, des réglementations strictes, et des coûts de main-d’œuvre. Au Kenya, les conditions naturelles favorables, la main-d’œuvre moins chère, et les infrastructures allégées permettent une production à moindre coût. Bien que le transport de fleurs en avion ait une empreinte carbone élevée, les coûts logistiques globaux restent maîtrisés grâce aux infrastructures bien organisées et à la vitesse de distribution. Le modèle repose sur une efficacité logistique optimale, du Kenya à Amsterdam puis au reste du monde, pour minimiser les coûts et maintenir la fraîcheur des fleurs. En optimisant chaque étape, des serres kényanes aux enchères d’Amsterdam, ce modèle parvient à fournir des fleurs de qualité à des prix compétitifs pour les consommateurs du monde entier. Le Kenya a ainsi su tirer profit de ses conditions naturelles et de la demande internationale pour devenir l’un des leaders mondiaux de la floriculture. Mais un de ces jours, la planète va faire le gros dos et ce jour-là il aura du gros temps…


Est-ce que je veux vivre dans ce monde-là ? Des individus meurent de faim en Afrique et l’on utilise les ressources pour satisfaire les besoins du marché Européen qui pour la Saint Valentin ou la fête des mères accepte des payer des prix élevés à la Bourse d’Aalsmeer. Est-ce que je veux vivre dans un mode où des ouvriers africains exploités risques leurs vies ? est-ce que je veux vivre dans un monde où l’on fait pousser les fleurs au Kenya, pour les acheminer par avion à Amsterdam afin de les vendre dans une espèce de grand marché international, puis renvoyé vers des pays où elles seront vendues aux particuliers ? Est-ce que je veux vivre dans un monde où la seule question qui se pose c’est « est-ce rentable ? » ? Je ne crois pas, je crois que de toute façon la planète Terre commence à ne plus être d’accord, et du coup il commence à y avoir du gros temps…

« Gros temps » est un album plutôt rock. Il fait partie des albums « compilation » de chanson, mais regroupe des chansons ayant une couleur un peu homogène. La dernière chanson de l’album (« la famille c’est capital ») a été composée après que j’ai vu un reportage sur l’industrie des fleurs entre le Kenya, la Hollande et le reste du monde, d’où l’introduction précédente. L’album est composé de deux faces la seconde face démarrant par « A tombeaux ouverts ».