Gros Bonnets, Grosses Légumes
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  • 0 - Ze place to be
  • 1 - Pas un chat
  • 2 - Chouchou et poulette
  • 3 - Dans ma cage
  • 4 - Le pourquoi du comment
  • 5 - Les stups et les feds (Live)
  • 6 - Pour de bon
  • 7 - Sadgirl
  • 8 - Chouchou et poulette (last words)
  • 9 - On m'a dit
  • 10 - Zombieland
  • 11 - Les voix de la nuit
  • 12 - Seul dans les rues (no place to be)
  • 13 - Les possédés
  • 14 - Tout ca commence à faire beaucoup
  • 15 - Qu'en pensez vous docteur ?
  • 16 - Le fin mot de l'histoire
  • 17 - Y restera rien


song Ze place to be
song Pas un chat
song Chouchou et poulette
song Dans ma cage
song Le pourquoi du comment
song Les stups et les feds (Live)
song Pour de bon
song Sadgirl
song Chouchou et poulette (last words)
song On m'a dit
song Zombieland
song Les voix de la nuit
song Seul dans les rues (no place to be)
song Les possédés
song Tout ca commence à faire beaucoup
song Qu'en pensez vous docteur ?
song Le fin mot de l'histoire
song Y restera rien
album

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Il était une fois, en d’autres contrées, sous un ciel lourd de présages, un monde où les équilibres s'étaient rompus. Là-bas, un événement avait pris une tournure sinistre, et un voile avait recouvert le quotidien des hommes. Les rues, naguère grouillantes d'une vitalité désordonnée, s'étaient figées dans une immobilité spectrale, laissant place à un silence oppressant. Derrière des fenêtres closes et des portes barricadées, les habitants se réfugiaient, isolés les uns des autres, dans l'espoir de se soustraire à la menace impalpable : un virus insidieux qui semblait se fondre dans l'air lui-même.

Pourtant, au-delà de ces façades de béton et de verre, dans l'obscurité vacillante des ruelles désertes, d'étranges rumeurs commençaient à émerger. Un grondement sourd, oscillant entre le râle et le hurlement, s'amplifiait à mesure que la nuit s’épaississait. Un vent aigu et glacial se levait, porteur de chuchotements indistincts, et avec lui venaient les ombres vacillantes de silhouettes difformes. Des hordes titubantes s'extirpaient des ténèbres, ramenant avec elles une vision cauchemardesque de morts revenus à une parodie grotesque de la vie. Lentement, inexorablement, ils arpentaient les avenues désertes, traînant leurs membres mutilés, les orbites vides rivées vers un but unique et monstrueux : se repaître de matière grise. Mais pas de n'importe quelle matière grise, non. Ces créatures immondes avaient développé un goût prononcé pour des cerveaux au goût particulier : ceux saturés d'ennui et alourdis par des heures de séries télévisées regardées en boucle, victimes d'une torpeur intellectuelle propre au confinement.

Ce chaos funèbre s'étendit durant des jours et des semaines, plongeant le monde dans une spirale où la frontière entre le réel et le fantastique se brouillait. Puis, aussi mystérieusement qu'il avait surgi, le virus disparut. D'un jour à l'autre, comme balayée par une main invisible, l'épidémie reflua. Les portes s'entrouvrirent, les fenêtres s'ouvrirent à nouveau, et la lumière timide du jour retrouva les visages hagards de ceux qui avaient survécu à cet étrange cataclysme. Le confinement prit fin, laissant derrière lui un souvenir marqué par le doute. On chassa et brula les spectres putrescents qui avaient hanté les nuits et ce passé révolu sombra dans l’oubli.

Ainsi, les morts-vivants devinrent des figures de légende, leurs déambulations nocturnes un sujet de récits murmurés lors des longues nuits d’ennui qui suivirent. Les ex-confinés, attablés dans leurs intérieurs redevenus banals, évoquaient cette époque avec un mélange de fascination et d'incrédulité. Ils se souvenaient des rues désertes où les morts rôdaient, de leur propre existence confinée, et entre réalité déformée et fiction collective, ils en venaient parfois à se demander si tout cela avait vraiment eu lieu ou s’il ne s’agissait que d’un délire collectif né de leur isolement prolongé et de leur imagination affamée. Et pourtant, dans leurs récits, toujours revenaient ces ombres, ces râles, et cette brume qui, pour un temps, avait transformé leur monde en un théâtre du macabre. Cette période devint pour la postérité connue sous le nom du virus qui l’avait engendrée : le grosvid19…


Cet album a été composé pendant la période de confinement lié au covid entre 2020 et 2021. Impossible d’échapper à cette thématique à cette époque. Les humeurs étaient changeantes : détaché ou angoissé, conspirationniste ou cynique, dubitatif ou suspicieux. Les chansons reflètent cette vaste palette de sentiments. Avec de la légèreté sur l’aspect musical, une espèce de LoFi de chambre à coucher et plein d’angles différents sur le plan des textes. L’album a deux faces : la première plus positive qui parle plus du début de la période de confinement et de ce qui se passe le jour. Elle se termine sur « Last words » et la seconde plutôt noire, qui parle de ce qui se passe la nuit, lorsque l’on tourne des idées sombres, des délires et qu’on devient très pessimiste. Elle se termine sur « Y restera rien » dont le titre est assez explicite sur son propos.

Au niveau des angles, certaines chansons décrivent des sentiments vécus à cette période, comme « Pas un chat » qui plaisante sur le vide des rues, du ciel, sur un mode un peu intimiste, « Le pourquoi du comment » qui décrit et s’étonne ou « On m’a dit » qui s’amuse des consignes pour le moins contradictoires que nous avons reçu. D’autres parlent du vécu du confinement comme « Ze place to be », « Chouchou et poulette », « Dans ma cage », une ancienne chanson dont le texte a été légèrement modifié pour coller aux circonstances. D’autres parlent des craquages dus au confinement comme « Pour de bon » ou « Last words ». Certaines sont assez exaspérées comme « Tout ça commence à faire beaucoup », « Qu’en pensez-vous docteur ? » et « Le fin mot de l’histoire ». Enfin, il y a une partie fantasmée avec « Les stups et les feds » qui est une reprise en public (les concerts et la foule nous manquaient quand même pas mal) et qui s’étend entre « Zombieland » et « Les possédés » où je me fait un petit délire « mort vivant » qui est repris sur la pochette de l’album.

Une autre idée était que des chansons se fassent écho les unes aux autres pour cristalliser le fait qu’on tournait un peu en rond en ressassant des pensées plus ou moins positives « Ze place to be » qui ouvre l’album sur l’ambiance dans une colloc de confinés et « seuls dans les rues (no place to be) » ou ça part en vrille grave. « Chouchou et poulette » et la joie de se retrouver ensemble confinés et « Last words » quand on pette un câble. Il y a aussi « Tout ça commence à faire beaucoup » qui clos la parenthèse « morts vivants ». Et puis il y a l’intrus « Sadgirl » qui est là on ne sait pas trop pourquoi.