|
Ô vous qui respirez, vous qui vivez, vous qui aimez, regardez ! Le monde a vu se lever des astres éclatants et terribles : César, le maître des peuples ; Alexandre, l’aigle des plaines ; Napoléon, l’ouragan des nations ; et Jésus, lumière des lumières, étreignant l’univers. Mais au-dessus de ces géants, je vous dis, se dresse Victor Hugo, un nom qui tonne et résonne dans le siècle comme la voix de l’éternité. Que m’importe les époques, que m’importe les royaumes ! Car mon royaume est fait de mots et d’idées, mon épée est celle de la plume, et mon trône celui de l’esprit. Moi, Victor, je suis le fleuve qui traverse les âmes, l’orage qui gronde au cœur des injustices, le soleil qui éclaire les ténèbres. Si César conquit des terres, moi j’ai conquis des consciences ! Si Alexandre bâtit des empires, moi j’ai bâti un monde de vers et de strophes, et ce monde-là, mes amis, jamais il ne s'effondrera ! Je suis à la fois prophète et roi, éclaireur et bâtisseur. Dans chaque page, dans chaque mot, c'est mon souffle qui résonne, comme un hymne sacré, un chant du divin. Suis-je donc un homme, moi qui modèle les mots comme d'autres forgent des royaumes ? Non ! Je suis plus ! Je suis l’écho des peuples, je suis le cri des opprimés, je suis le chant des libres et le brasier des âmes éveillées. Comme les dieux de jadis, je suis immortel, car tant que mes vers retentiront, tant que les hommes auront des cœurs pour entendre, mon souffle divin, mes mots étincelants les conduiront comme un phare dans la nuit. Qu’on sache qu’en moi vibre ce souffle qui dépasse le siècle, cette flamme qui brûle encore et encore, pour traverser le temps et illuminer l’éternité. Car moi, Victor Hugo, je suis poète, prophète, et immortel.
En toute modestie, Victor est grand, Victor est le plus grand, Victor est l’égal des dieux, il est un dieu vivant, que dis-je, il est le dieu vivant. Ceux qui disent que son égo est un peu boursoufflé sont des cancrelats, ceux qui disent que c’est un mégalomane capable de tout sacrifier à son œuvre, tout sacrifier sur l’hôtel de la gloire sont des bousiers, ils sont heureux de vivre dans la merde et de si rouler. Ceux qui disent que vivre dans l’ombre, dans la périphérie d’un génie sont destinés à être piétinés, ceux qui se mettent en travers de son chemin tout ceux-là il les honnit, il les méprise, non il les explose. Rien ne doit se mettre en travers de la création, et les souffrances des proches ne sont que le fumier ou pousse la grandeur de l’œuvre. Bref il ne fait certainement pas bon être la femme, le mari, l’enfant de telles personnes. Car la fierté, l’ambition les pousse à tout sacrifier à leur processus créatif, elle les pousse à produire sans relâche pour assurer leur place dans le panthéon des artistes pour devenir des figures de légende. C’est probablement ce qu’on appelle la face de cachée…
Victor Hugros est le troisième volet du projet de trilogie que j’avais envisagé lorsque je me suis mis à accompagner et dire musicalement des poètes connus. L’idée était de faire trois albums différents, un rock (grodelaire) un jazz (rimgros) et un rap (hugros). En effet, Victor Hugo, comme les rappeurs, est très bavard, très verbeux presque prolixe, il devait pisser du vers comme certains pissent aujourd’hui du code (c’est une terminologie d’informaticien). Il est également très incisif, et il a une très grande force évocatrice, faite de formules percutantes, de métaphores saisissantes et d’une assise rythmique assez impressionnante. Je parle ici de son œuvre versifiée (la légende des siècles, les contemplations etc…). J’adore le lyrisme de textes comme « Oceano vox » ou « La Conscience » et j’adore la délicatesse de « Demain dès l’aube ».
Sur le recto de la pochette, un home (Victor ?) est assis sur une chaise sur l’eau, il a l’air puissant, il adopte une pose genre penseur de Rodin. Sur le verso, là l’océan se déchaine. La permière face termine sur « Je pense à toi », la seconde commence sur « La tombe dit à la rose » et se conclut sur « Demain dès l’aube ».