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Il y a un moment où les formes s’éveillent d’un sommeil que nul n’avait encore imaginé. Tout d’un coup, sans avertissement, elles jaillissent, foisonnantes, comme si l’univers lui-même avait cédé à une impulsion effrénée. Le monde, jusque-là endormi sous des lignes simples et des contours austères, éclate en spirales de possibles. Là où régnait la monotonie, soudain l’inconnu.
Traversés d’un souffle impatient, des gestes, des danses, des cris muets composent un tableau secret, où des protagonistes sans visage prennent vie. Ces formes jouent avec la gravité même, et explorent ce que signifie "être" dans toutes ses variations. Le chaos n'est qu'apparent. Sous l’explosion on devine une intention cachée, un plan secret. Même s’il n’y a aucune logique, l’ensemble résonne dans une harmonie universelle, une création silencieuse qui transperce les esprits cachés dans les replis du temps. Une fenêtre s’ouvre sur le vaste réservoir de sons, de couleurs, de désirs et d’idées.
C’est une époque d’effervescence, où chaque chose semble se plier à une loi mystérieuse, celle de la profusion. Les corps se tordent en motifs impossibles, rivalisant d’ingéniosité, et dans cette compétition folle, quelque chose de plus grand émerge, une sorte d’élan. Dans ce maelström, les frontières s’effacent, les esprits grouillent, pleins de cette énergie inexpliquée, cette étincelle qui ne connaît ni début ni fin.
Des formes inconnues prennent chair et s’affirment dans une architecture purement instinctive, un théâtre de figures hybrides qui semblent sculptées dans l’invisible. Ces formes se réinventent à l’infini, sans jamais se répéter enchainant courbes, volutes, et envolées fractales. Une énergie brute semble résonner, et on entend des échos vibrants de création, des éclats d’imagination, des jaillissements d’imprévus.
Les Schistes de Burgess, sont les témoins exceptionnels de l'explosion du Cambrien, un événement sans équivalent dans l'histoire de la vie terrestre. On peut y observer des fossiles d’espèces aux anatomies complexes et souvent sans descendants directs révélant une biodiversité extraordinaire. Ils incluent des représentants des principaux embranchements modernes mais également et surtout des formes expérimentales disparues, suggérant que l'explosion cambrienne a constitué une période d'innovation intense, une phase de « bricolage évolutif » où la vie expérimentait des designs biologiques variés et inattendus.
Les implications des Schistes de Burgess transcendent la paléontologie. Ils questionnent la contingence de l'évolution, popularisée par Stephen Jay Gould, qui a proposé que si l'histoire de la vie était rejouée, les formes résultantes pourraient être radicalement différentes. Les formes étranges et souvent sans descendants directs du Burgess soulignent le rôle du hasard dans l'émergence des lignées modernes. C’est une époque ou tout s’est décidé, où les arthropodes et les chordés ont pris le dessus et c’est alors que le gros du travail a commencé…
« Le gros du travail » c’est moi. Comprenne qui pourra. Cet album est composé de chansons anciennes, les mix sont donc approximatifs car j’ai à la fois progressé en technicité et en matériel. L’album est assez noir, comme l’était mon inspiration à l’époque. Il y a pas mal de chansons sur des thématiques dystrophiques, anticipation ou carrément science-fiction. Comme le suivant cet album n’a qu’une face et on va dire que c’est la face cachée, ou alors la face sauvage, ou alors la face sombre.